Génie écologique : tout est une question de méthode !

Dans le précédent article, nous avons vu que le génie écologique s’appuie sur une méthodologie de conduite de projet qui inclut autant des phases d’études, de travaux que de suivi. Je vous propose aujourd’hui de découvrir quelles sont les principales étapes d’une démarche de génie écologique.

 

Les étapes de la méthode du génie écologique

Imaginez un médecin qui vous propose un traitement sans vous avoir ausculté et sans avoir établi un diagnostic… je pense que vous le prendriez pour un charlatan ! Et bien en génie écologique c’est le même principe.  Pourtant, dans bien des cas, un porteur de projet part bille en tête sur des objectifs ou des plan d’action sans avoir réalisé un état des lieux complet.

La méthodologie proposée ci-après est inspirée de la norme NF X10-900 sur la conduite de projet de génie écologique.

Un précadrage pour préparer son projet

Le lièvre et la tortueRien ne sert de courir, il faut partir à point !

Le précadrage est la première étape de tout projet de génie écologique. Il se base sur une analyse rapide de l’ensemble des paramètres qui peuvent conditionner la réalisation du projet. Il n’inclut pas de phase de terrain ou d’inventaires exhaustifs. Le porteur de projet s’appuie donc sur des données bibliographiques et d’échanges avec les principales parties-prenantes.

Le porteur de projet doit être capable de préciser la faisabilité de son projet. Il détermine ainsi les études à réaliser, les moyens nécessaires et les détails organisationnels (gouvernance, financements, planning prévisionnel…).

 

Cadrer son projet sur la base d’un bon état des lieux

Le cadrage du projet correspond à la phase d’études initiales. Il consiste à réaliser dans cet ordre les étapes suivantes :

  1. Inventaire ornithologiqueRéaliser un état des lieux du site ou du territoire (inventaires écologiques, études hydrauliques, études de sol, enquêtes, études historiques, rencontre de parties-prenantes…)
  2. Analyser le site ou le territoire à partir de l’état des lieux. Le diagnostic permet de faire ressortir les éléments et thématiques les plus importants:  ce sont les enjeux. Ce peut-être par exemple la reproduction des amphibiens, l’état de conservation d’un habitat naturel, l’existence d’une activité touristique ou agricole…
  3. Hiérarchiser et définir les enjeux prioritaires, ceux pour lesquels une attention particulière devra être portée dans le cadre du projet,
  4. Définir des objectifs sur la base de ces enjeux. Ce sont des buts à atteindre, des effets à obtenir. Les objectifs servent pour définir des indicateurs de suivi.

Encore une fois, et je me répète, le suivi de cet ordre est primordial pour aboutir à un projet pertinent et cohérent avec la réalité du terrain et des activités existantes.

 

Concevoir son projet et son plan d’actions

De manière logique, il est maintenant possible de définir une liste d’actions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs définis. Ces actions peuvent être de tout type : travaux de restauration écologique, gestion écologique ou agri-écologique, communication et pédagogie…

Programme opérationnel du génie écologiqueL’ensemble des actions forment un programme opérationnel. Celui-ci comprend à la fois le descriptif précis des opérations, des plans, des schémas et détaille l’ensemble des prescriptions nécessaires à la bonne réalisation des travaux (période de l’année, protocoles, moyens matériels et humains…).

Enfin, le programme opérationnel sert de document de base pour la rédaction des cahiers des charges dans le cadre de marchés publics ou privés.

 

Mettre en œuvre le programme opérationnel

Les travaux sont ensuite réalisés en interne ou par des prestataires spécialisés en suivant les prescriptions du programme opérationnel et du cahier des charges. En cas d’aléa, il sont adaptés afin d’assurer la mise en œuvre des actions.

La norme NF X10-900 a par ailleurs créé la fonction de Coordinateur biodiversité . 

  • Il s’assure de la mise en œuvre de l’ensemble des prescriptions.
  • Il veille à ce que les actions vont dans le sens d’un maintien ou d’une amélioration de la biodiversité et des écosystèmes.

Le Coordinateur biodiversité peut être le maître d’ouvrage, un maître d’œuvre, un représentant de l’entreprise de travaux, ou bien toute autre personne. Quoi qu’il en soit, il doit avoir des compétences sur le fonctionnement des écosystèmes.

 

Suivre son projet sur le long terme

Les indicateurs permettent la réalisation le suivi. Ils permettent ainsi d’évaluer l’atteinte des objectifs et de préciser l’évolution de la biodiversité et des écosystèmes. Il faut ensuite réévaluer l’état du site et des enjeux pour mettre en œuvre des mesures de gestion.

 

Dans un prochain article : L’utilisation du BRF en génie écologique.

Pour ne pas rater les prochains articles, inscrivez-vous la lettre d’informations.

 

Sources et documents :

AFNOR, 2012. Norme NF X10-900. Méthodologie de conduite de projet appliqué à la préservation et au développement des habitats naturels – Zones humides et cours d’eau. Afnor. 38p.

Illustrations  : Le lièvre et la tortue (Grandville) – Domaine public, Pixabay.

Partager cet article